Emmanuel Macron autorise l’enseignement de l’arabe à l'école

Publié le par Julie

En pleine crise sanitaire du coronavirus, le président de la République vient de valider le projet d’enseignement de l’arabe à l’école, qui a pourtant longtemps été controversé. L’information serait-elle passée sous silence par les médias français et le gouvernement lui-même ?
Emmanuel Macron

En pleine crise sanitaire du coronavirus, le président de la République vient de valider le projet d’enseignement de l’arabe à l’école, qui a pourtant longtemps été controversé. L’information serait-elle passée sous silence par les médias français et le gouvernement lui-même ?

 
Un décret publié au Journal officiel

 
Alors que les Français ont la tête au déconfinement, un obscur décret signé par Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a été publié au Journal officiel ce samedi 2 mai 2020. Cette publication prévoit un accord « entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne dans le domaine de l’enseignement de la langue arabe à l’école élémentaire en France ». Cette nouvelle mesure pédagogique aurait pour objectif d’assurer la « diversité linguistique dans le premier degré » et la « continuité dans le second degré ». La polémique lancée il y a déjà quelques années pourrait bien ressurgir.

 
L’apprentissage de la langue arabe proposé dès le CE1

 
Ce décret n°2020-498 n’est, en fait, pas une nouveauté puisqu’il fait référence à l’entrée en vigueur d’un ancien accord franco-tunisien, datant du 31 mars 2017. L’ancienne ministre de l’Éducation nationale sous François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, en était à l’origine. Le président de la République actuel vient donc d’autoriser l’enseignement de la langue arabe dès le CE1, dans toutes les écoles françaises. Toutefois, l’article 2 du document précise que « cet enseignement facultatif est accessible à tous les élèves volontaires, en accord avec leur famille et dans la limite des places disponibles, de la classe de cours élémentaire première année à la classe de cours moyen deuxième année ». L’article 6 ajoute qu’une « continuité des apprentissages sera progressivement et selon les conditions locales, assurée au collège ».

 
Ce cours à caractère facultatif aurait également pour mission de travailler autour des cultures et civilisations inhérentes à la langue arabe, comme le souligne l’article 4 : « cet enseignement propose un apprentissage de la langue arabe qui fait référence à la culture arabe, notamment à des éléments de la culture tunisienne ».

 

Une initiative européenne ?

D’après le portail du ministère de l’Éducation nationale Educsol, il existe une directive européenne datant du 25 juillet 1977 « visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants ». Elle obligerait les États membres à mettre en place différents enseignements de langue et de culture d’origine (ELCO).

 
Des réactions massives sur les réseaux sociaux


La parution discrète de ce décret a engendré de nombreuses réactions de la part de personnalités politiques. Jean Messiha, membre du Bureau national du Rassemblement National, a publié une violente contestation sur son compte Twitter. « À un âge où les enfants découvrent à peine la langue française. L’arabisation et l’islamisation de la France en marche. En 2022, stop ou encore ? », s’indigne-t-il.

En septembre 2018, soit deux ans après une première vague de polémique en 2016, l’essayiste et consultant français Hakim El Karoui mettait en ligne un rapport intitulé « La fabrique de l’islamisme » dans lequel il approuvait l’enseignement de l’arabe à l’école. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, affirmait alors qu’il fallait « donner du prestige à ces langues ». « L’arabe est une grande langue littéraire qui ne doit pas seulement être apprise par les personnes d’origine maghrébine ou de pays de langue arabe. C’est cette stratégie qualitative que nous allons mener », avait-il promis.

 
On se souvient aussi d’une phrase choc prononcée par Emmanuel Macron, le 4 février 2017 à Lyon : « Il n’y a d’ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple ». Ces propos avaient suscité bien des réactions.

Julie pour le peuple actu

 

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Publié dans Macron, Société

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