[POLÉMIQUE] Coronavirus : la militante féministe Rokhaya Diallo compare à son tour le port du masque à celui du voile

Publié le par Julie

Le 10 mai dernier, le Washington Post comparait le port du masque de protection à celui de la burqa dans l’un de ses articles. Le 15 mai, la polémique a été relancée avec une tribune signée Rokhaya Diallo.

Le 10 mai dernier, le Washington Post comparait le port du masque de protection à celui de la burqa dans l’un de ses articles. Le 15 mai, la polémique a été relancée avec une tribune signée Rokhaya Diallo.

 
Depuis une semaine, les mesures de distanciation sociale, les gestes barrières et le port du masque sont adoptés peu à peu par les Français. Une aubaine pour la militante féministe Rokhaya Diallo qui a publié une tribune dans Al Jazeera, le célèbre média qatari. Intitulé « Coronavirus exposed the real reasons behind France’s “burqa ban“ » (traduction : « Le coronavirus a dévoilé les véritables raisons de l’interdiction de la burqa en France »), l’article illustre son mécontentement quant à l’interdiction du voile intégral islamique en France alors que le port du masque y est autorisé, voire même obligatoire dans certains espaces publics tels que les transports en commun.

 
Mesures sanitaires exceptionnelles et signes religieux, même combat ?

 
« Cela suggère, comme le Washington Post l’a récemment souligné, que “si une femme musulmane pratiquante voulait monter dans le métro parisien, elle serait tenue de retirer sa burqa et de la remplacer par un masque“ », explique-t-elle. Rokhaya Diallo met ici sur le même pied d’égalité les mesures sanitaires prises dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 et les revendications religieuses inhérentes à l’Islam. Elle en profite pour rappeler que le gouvernement français a rendu obligatoire le port du masque de protection dans plusieurs lieux publics le 10 mai dernier afin de limiter les risques de propagation du coronavirus.

 
« La République se vit à visage découvert »

 
Selon la féministe, « dans la plupart des pays, la discussion sur les masques obligatoires s’est concentrée sur l’efficacité de la mesure », alors qu’en France, « cette décision a soulevé des questions sur la manière dont l’État définit l’identité et les valeurs françaises ». Elle rappelle d’ailleurs, qu’il « n’y a pas si longtemps, le gouvernement affirmait fièrement que “la République se vit à visage découvert“ ». Elle fait ici référence à la loi du 11 octobre 2010 qui affirme que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ». À l’époque, le contexte était particulièrement marqué par des débats houleux au sujet de la place du voile intégral sur le territoire français.

 
Dans sa tribune polémique, Rokhaya Diallo ajoute que « l’État français a interdit les voiles musulmans non pas pour protéger les valeurs de la République, mais pour promouvoir une compréhension assimilationniste du Français qui ne tolère aucune expression culturelle minoritaire ».

 
Vers une autorisation de la burqa ?


L’auteure de ce billet piquant conclut en s’adressant au gouvernement français : « Maintenant que le Covid-19 a démontré que l’on peut en effet participer à la vie publique et rester “français“ sans montrer son visage ni embrasser des connaissances, la nation pourrait bien repenser la façon dont elle traite les Musulmans… ».

Évidemment, le port du masque de protection n’est qu’une mesure exceptionnelle applicable dans le cadre du coronavirus et, espérons-le, disparaîtra d’ici quelques mois. Haut les masques !


La polémique est, quant à elle, bel et bien lancée sur les réseaux sociaux. Florilège des tweets les plus cinglants :

Julie pour le Peuple Actu

 

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Publié dans France, Société

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