Fin du confinement : les enseignants se sentent comme les sacrifiés de la République

Publié le par Le Peuple Actu

Le couperet est tombé : il nous faudra encore patienter un mois supplémentaire avant de reprendre un semblant de vie habituelle.  Le retour sur les bancs de l’école des enfants et des professeurs est annoncé pour le 11 mai. La grogne monte : les enseignants ont l’impression d’être les sacrifiés de la République. 
Une salle de classe.

Le couperet est tombé : il nous faudra encore patienter un mois supplémentaire avant de reprendre un semblant de vie habituelle.  Le retour sur les bancs de l’école des enfants et des professeurs est annoncé pour le 11 mai. La grogne monte : les enseignants ont l’impression d’être les sacrifiés de la République. 

L’incompréhension de la profession

“Droit dans le mur”, “sans test, sans masque, sans traitement”, les enseignants déversent sur les réseaux sociaux leurs doutes et leurs colères après l’allocution du Président le 13 avril. C’est d’abord l’incohérence des annonces que dénonce la profession : les bars, restaurants et autre lieu public resteront porte close tandis que plusieurs millions d’enfants et de professeurs vont se retrouver en vase clos dans des espaces restreints, où il sera difficile de respecter et faire respecter les gestes barrières. Quand plusieurs enseignants ont vu leurs collègues se faire emporter par la maladie, le retour en classe est alors vécu comme le chemin vers l’abattoir. Beaucoup de parents rejoignent ces inquiétudes : personnes à risques, il n’est pas question d’envoyer leurs enfants à l’école avec le danger de rapporter le virus dans le cartable.

 
Les appâts pour l'immunisation collective

Réduire les inégalités dues à la fracture numérique et sociale, telle est la raison invoquée par le Président pour justifier le retour en classe. Il évoque également, plus loin dans son discours, la nécessité de développer l’immunité collective, seule protection certaine contre le virus. Le raccourci est pris : les professeurs et leurs élèves vont servir de vecteurs pour la maladie. Une profession sacrifiée, mise en première ligne, traitée comme de la chair à canon, les enseignants ne sont pas prêts à servir d’appât au virus. À la différence des professions médicales, aucun enseignant n’a prononcé de serment d’Hippocrate pour exercer et ceux-ci ne comprennent donc pas ce “service” qu’on leur demande de rendre à la nation, bien au-delà de la continuité pédagogique.

 
”Nous ne sommes pas une garderie !”

L’économie doit reprendre, les employés doivent retrouver le chemin de leurs entreprises, mais pour cela, ils doivent être débarrassés de la gestion de leurs têtes blondes. L'impression de servir de garderie refait surface chez les enseignants : “La mission de l’école n’est pas de rendre les parents disponibles pour leur travail ! ”. La rumeur d’une reprise en septembre circulait déjà depuis plusieurs jours, l’annonce de la date vient donc mettre le petit coup de pichenette dans la tour d’illusions qu’avait construites les professeurs. Les élèves, les collègues, l’ambiance des couloirs manquent à toute une frange de la profession. Les retrouver, oui, mais pas à n’importe quel prix.

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Publié dans France, Société

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